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SI VOUS VOULEZ VENIR ENSEIGNER EN LOUISIANE, PENSEZ-Y PLUTÔT DEUX FOIS QU’UNE…
Après une première année moyenne, où les problèmes se sont avérés solubles, mon école, après m’avoir déclaré qu’elle allait demander à me conserver dans son effectif, à finalement décidé qu’elle n’avait plus besoin de moi.
Apparemment parce que mes élèves d’immersion en études sociales n’avaient pas obtenus un bon score à leur test final (en fait des trois que j’avais un seul s’est vraiment planté, celui qui ne parlait pas du tout français, chose un peu ennuyeuse quand on reçoit des cours dans cette langue…).
Bref, qu’à cela ne tienne me suis-je dit. En plus je voulais terminer mon diplôme à la fac et il me restait un an. Donc j’ai accepté l’offre qu’on m’a faite de rester à la Nouvelle-Orléans, en changeant d’affectation, et en travaillant donc pour le Recovery School District. J’ai donc renoncé à plusieurs offres d’emploi intéressantes pour rester ici.
Je paye aujourd’hui cette erreur au prix fort.
Tout d’abord le CODOFIL avait fait une erreur dans le document DS-2019 qu’il m’avait fournit ; je me suis donc retrouvé avec un visa valable un an au lieu de trois… Visa aujourd’hui expiré, bien sûr.
Le jour on j’ai signé mon contrat à Bâton Rouge, on m’a dit que ça poserait un problème, et que je devais me charger d’aller à l’ambassade pour qu’on me donne un nouveau visa, et qu’il faudrait que je paye.
Donc erreur du CODOFIL, mais qui doit payer et faire toutes les démarches ? Moi, bien sûr…
Le jour de la signature du contrat, le 31 juillet, ça faisait déjà deux semaines que j’essayais désespérément d’avoir des détails sur mon affectation et sur le salaire versé auprès du RSD. Carolyn Love, en charge des professeurs de langues, ne répondait pas à mes e-mails, et après avoir réussi à récupérer son numéro elle m’avoua qu’elle ne savait pas où j’allais travailler.
Bon, qu’à cela ne tienne, elle avait encore un mois pour me trouver une école.
A Bâton-Rouge donc, on me dit que je risque d’avoir des problèmes pour revenir sur le territoire et que je ferais mieux de ne pas partir.
J’ai trouvé assez difficile de renoncer à mes vacances après une année éprouvante, dire à mes amis au Mexique et à Cuba que finalement je ne leur rendrais pas visite, perdre la valeur de mon billet d’avion Mexico – La Havane, tout ça à cause d’une erreur du CODOFIL, erreur que ce dernier n’assume absolument pas, laissant reposer l’intégralité de la résolution du problème sur moi.
Je suis donc parti au Mexique et à Cuba. Au retour, alors que j’étais sur le chemin des USA, j’ai eu un accident. Le responsable du choc a pris la fuite, et les police et justice mexicaines n’ont bien sûr pas levé le petit doigt, bien que l’immatriculation du bus, le nom de la société et du chauffeur soient connus…
Mon assurance m’a proposé de réparer ma voiture, gratuitement, mais ça risquait de prendre des mois. Le garagiste local, celui qui gère la fourrière et travaille avec la police, m’a proposé, pour 9000 pesos, de réparer mon véhicule en une semaine. J’ai donc décidé de payer et attendre.
A la fin de la semaine, j’ai récupéré ma voiture (qui au passage ne démarrait plus avec le contact, mais au niveau de la roue avant, avec un tournevis…). J’ai fait à peine 100 kilomètre et la moitié de mon moteur est parti en fumée : courroie mal fixée, qui s’est prise dans le ventilateur et qui à donc fait sauté le joint de culasse. Après quelques jours d’attente, après avoir compris que le mécanicien ne tiendrait jamais ses délais, j’ai décidé de prendre l’avion pour être à temps à la Nouvelle-Orléans, pour la rentrée, le 4 septembre ; Durant tout ce temps là j’avais envoyé des e-mails à Carolyn Love : sans réponse. A quelques jours de la rentrée, et sans nouvelles au sujet de mon affectation, le téléphone de Carolyn Love hors service, j’ai essayé de contacter tout le monde que je pouvais au CODOFIL.
J’ai reçu une vive remontrance au sujet des mes « longues vacances », et on m’a finalement donné l’adresse de son bureau (du RSD en fait) et son numéro de téléphone au travail.
Un jour après la rentrée j’ai enfin reçu des nouvelles : Carolyn Love pensait que je n’allais pas revenir et travailler avec le RSD (malgré le fait que j’avais signé le contrat, que je lui avais dit que je serais sur place pour la rentrée, et que je lui ai envoyé e-mail sur e-mail…) et elle n’avait donc pas cherché d’école pour moi… Rendez-vous fut pris pour le vendredi suivant, avalisant la perte de ma première semaine de travail.
Le vendredi contact fut pris avec une école, qui voulait un professeur de castilan. On m’a demandé si je pouvais faire ça. J’ai dit oui.
Puis il fallait que je refasse une prise d’empreintes digitale, et cette année-ci, un test de drogues. Mais voilà : le RSD n’avait plus le formulaire pour faire ce dernier test. J’ai donc du attendre chez moi une semaine…
Le week-end suivant je repartais en avion au Mexique pour récupérer ma voiture. Après quelques péripéties bancaires, je la récupère donc, après m’être acquitté d’une facture de 1000 dollars. Je la prends pour faire un test, mais les freins surchauffent et je dois attendre le lendemain lundi pour que la pièce défectueuse soit changée. Puis je parts, fait 100 kilomètre avant que le moteur ne surchauffe. Je dois donc la faire réparée en chemin, dépense encore quelques 200 dollars, attend trois jours dans un bled perdu de l’état de San Luis Potosi, avant de repartir. Le moteur recommence à surchauffer 50 kilomètres plus loin. Le jeudi une solution est enfin trouvée : c’était le ventilateur qui était bloqué. Je repars donc tant bien que mal et arrive à destination le vendredi. Je vais directement au RSD récupérer le formulaire, puis vais faire mon test de drogues. Je retourne au RSD pour me rendre compte que Carolyn Love n’a pas tenu mon école informée de la situation, et n’a même pas vérifié si je pouvais être professeur de castillan au lieu de français. Heureusement Michael est là : il téléphone et règle le problème en moins de 5 minutes. Le lundi suivant je commence mon travail comme professeur de français.
Mais voilà : je ne reçois pas de salaire avant trois semaines, et je perds mes trois premières semaines de salaires. Je reçois des excuses de la part d’Elisabeth Shawn, mais l’argent ne me sera pas donné, évidemment. J’attends donc les trois semaines : je dois payer des agios à ma banque, je suis incapable de terminer de payer l’université (donc j’ai une amende de 75 dollars et on ne me permettra plus de payer en plusieurs fois), et je paye mon loyer en retard (amende de 30 dollars donc).
Au moment de recevoir ma paye, oh surprise, un tiers de celle-ci a disparu, ne m’a pas été versée. J’essaye donc de savoir pourquoi : on m’a retenu 35% d’impôt, alors que je suis exempté pour deux ans (traité bilatéral franco-américain). Malgré mes explications et un e-mail du CODOFIL, le RSD ne veut rien savoir. Jusqu’à ce qu’on me dise (parce que je me suis déplacé sur place, sinon rien) que le problème allait être réglé, que le dossier avait été passé à la personne en charge.
Hô surprise : on ne me rend pas mon argent, et plus fort encore : on me retire encore les taxes de mon salaire la paye suivante.
On m’envois ensuite un formulaire à remplir pour pouvoir arrêter la ponction de taxe et me rendre ce qui m’a été volé.
Mais j’apprends qu’une information demandée sur le formulaire se trouve sur le I-94, ce petit papier blanc qui va dans votre passeport quand vous rentrez sur le territoire étasunien avec un visa. Le problème est qu’à ma sortie du territoire (vers le Mexique) on me l’a retiré, et qu’au retour j’ai dû rentrer avec un visa touristique (j’ai un DS-2019 en règle (le CODOFIL m’en a fourni un nouveau) mais mon visa est expiré…). Donc pas de I-94. Conclusion : pour récupérer l’argent qu’on m’a volé, je dois moi-même réparer l’erreur du CODOFIL. Je dois prendre des jours de congé, prendre un rendez-vous avec l’ambassade des USA à Paris, payer les frais (une bonne centaine d’euros) liés à ce rendez-vous, payer mon billet d’avion Nouvelle-Orléans - Paris de ma poche, et aller faire la queue à l’ambassade pour récupérer un malheureux papier. Sinon je ne reverrai jamais mon argent…
Et tout ça pur risquer ma peu dans une école sensible, où ceux qui sont soi-disant responsable de la discipline n’ont pas la moindre idée de comment gérer une école (et en plus ils croient savoir, et les critiques de nous, les profs, sont forcements infondées…) se contrefoutent de l’éducation réelle et de la sécurité de tous, malgré les innombrables heures de réunions utilisées à déblatérer des conneries.
Quand on colle un élève le samedi matin, on doit venir en personne pour s’assurer qu’il est bien là…
Quand on prend un élève par le col de sa chemise parce qu’il dérange la classe, insulte le prof et refuse de bouger, on finit dans le bureau de la principale, à attendre pendant des heures, pendant qu’un rapport est rédigé au RSD sur les évènements et les parents contactés.
Mais bien sûr, quand on se prend un coup de tête dans le nez en essayant de séparer deux élèves qui se battent (plus que des élèves, ces sont des animaux qui marquent leur territoire en criant, en grognant, en provoquant et en se battant, parfois jusqu’à trois fois par classe), là pas de véritable sanction pour l’élève mis en cause…
Certains élèves se plaignent de ne pas pouvoir apprendre à cause de certains énergumènes, mais la hiérarchie et les gardiens de sécurité refusent de retirer ces mauvais éléments de la classe…
Bref, si vous voulez venir travailler ici, préparez-vous à beaucoup de frustrations, à être plus un vigile et un baby-sitter qu’un prof, à qu’on vous prenne pour un con, à payer pour les erreurs des autres et à recevoir un appui minimal de ceux qui sont en charge de votre cas.
Après avoir travaillé en Equateur et en Chine, je me rends bien compte aujourd’hui que le tiers monde n’est pas nécessairement là où on le croit….
PS : le CODOFIL ne prend en charge que CERTAINS frais d'univeristé (j'en suis pour $2000 de ma poche ce semestre...)

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Brlengajhes(3) »
et bien, merci beaucoup pour ce message!!! c'est décidé je ne répondrai pas au mail du CODOFIl me demandant si je suis intéressée de venir travailler à la rentrée prochaine avec eux, une année de plus en OMAN!
Johanne
Bon choix Johanne !
Bonjour,
Je ne suis pas du tout d'accord avec ce long message.
J'ai enseigné durant 4 années en Louisiane pour le Codofil. Tout s'est passé à merveille. Il est vrai que je n'enseignais pas dans une grosse ville telle New Orleans ou Baton Rouge, J'étais dans un patelin du nord appelé Ruston. Mais quelle expérience de vie magnifique. Mais il faut pour cela être prêt à avoir une grande ouverture d'esprit et S'ADAPTER!!! Petits esprits étroits s'abstenir!!!
Slessuisse
Laechàe in brlengajhe